Une nuit venteuse

21 Mai 2017 | Commentaire | Dernière publication

Mardi 29 juillet

Initiation musclée qu’a vécu Georges dans sa première journée de navigation, hier. 

Ça a bien commencé avec un léger vent, un vent si léger que nous avons même démarrer le moteur pour quelques heures. Nous prévoyions arriver au mouillage choisi, Cole Baie, vers 19h00. 

En après-midi, le vent forcit et nous voguons allègrement le long d’une magnifique chaîne de montagnes qui nous envoie bientôt des vents catabatiques de plus en plus violents. À l’approche de Cole Baie, le vent augmente et la mer est cahoteuse.


Guy est à la barre et reçoit régulièrement de bonnes giclées d’eau salée tandis que Georges savoure ces moments intenses. Néophyte de la voile, il demeure spectateur des manoeuvres et vit ces premiers moments de voile de façon très ouverte et confiante. Il est curieux de tout. C’est l’enthousiasme des premiers instants !

Je suis personnellement ébahie de voir ces nuages vaporeux déposés sur les cimes des montagnes sans broncher, comme si le vent furieux dévalant les pentes ne les concernaient pas. De notre côté, nous recevons bien la violence de ces vents qui forment une mer déchaînée, si près de la côte ! Guy dit qu’il a l’impression d’être dans une machine à laver tellement la mer est hachée.


Nous réalisons rapidement que nous ne pourrons pas mouiller l’ancre dans Coal Bay, car le vent catabatique y souffle avec force. Nous repérons sur la carte une petite baie à un peu plus de 6 miles et nous continuons la route dans l’espoir d’y trouver refuge pour la nuit. Connaissant le manque de précision qu’affichent parfois les cartes électroniques, nous nous approchons de la baie tout doucement. Elle est parsemée de roches, mais elle semble être un bon refuge pour nous protéger des vents de tous les secteurs. C’est parfait. Trouverons-nous un fond de bonne tenu pour l’ancre? Il est maintenant 21h00. Nous tentons une approche. Les fonds montent, 20 pieds, 15 pieds, 12 pieds, « On ancre ! » crie Guy de l’avant du bateau, mais l’ancre ne croche que dans un amas d’algues. Guy remonte le tout et repère une bonne plaque de sable et nous ancrons de nouveau. « Ça vas tenir » me dit-t’il. Le vent souffle assez fort, mais heureusement aucun clapot ne vient déranger notre quiétude.

À 2h00 Guy et moi ne dormons plus. Le vent souffle avec furie  et propulse Balthazar d’un bord à l’autre avec violence et nous ne sommes pas rassurés par la tenue de l’ancre. Pourrait-elle décrocher? Sait-on jamais? On se lève, l’estomac noué par le stress, et nous évaluons la tenue de l’ancre grâce au sondeur qui nous indique des fonds relativement stables. La marée monte ce qui rend l’évaluation un peu moins précise... Il fait nuit noire et nous ne voyons pas les rochers environnants, mais nous pouvons apercevoir la lumière du feu de Seal Cape à proximité, ce qui nous aide à constater que notre position d’ancrage reste stable. N’ayant pas d’anémomètre nous ne connaissons pas la force réelle du vent. Mais ça souffle vraiment fort !

Georges se lève et paraît surpris de nous voir debout à cette heure. On lui explique que le bruit que fait le vent dans notre chambre avant est trop fort pour dormir et il retourne se coucher confiant. Nous veillons jusqu’à 4 h lorsque le vent daigne se calmer un peu. Le bateau est bien accroché et rien ne pourra le faire chasser. Retour au dodo, nous sommes crevés !

Le lendemain matin, nous repartons de ce mouillage pour nous rendre à Sand Point qui se situe à une trentaine de milles. Il fait beau soleil et le vent est portant. À 17 h, le 29 juillet, nous nous amarrons au quai de Sand Point.

Mercredi le 30 juillet, Guy rencontre Arthur sur les quais, un pêcheur de morue qui lui avoue avoir passé une des pires nuits de sa vie lorsque son immense ancre n’a pas tenue son bateau rempli à ras bord de morue. Il était ancré dans la baie voisine de nous et il a enregistré des vents de plus de 50 noeuds avec des pointes à 60 noeuds entre 2 h et 4 h. À ce jour, ce sont les vents les plus forts que nous ayons subis.

 

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